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Le complexe de la copine moche

Je commence la semaine avec un billet plutôt mitigé (on dira « comme un lundi ») suite à un week-end rempli de remises en causes et de questionnements.

Je te rassures, je n’ai pas fait que cela de mon week-end (Saint-Valentin, geekage en Azeroth, tout ça tout ça…). Mais finalement, je n’ai pas pu résister à trop réflechir. Surtout que le stress (un peu) de l’envoi du dossier d’agrément me fait me poser beaucoup de questions (est-ce que ça va marcher ? est-ce qu’on a rien oublié ? dans quoi est-ce qu’on s’embarque là ? et puis franchement avec tout ce désordre dans l’appartement est-ce qu’on va vraiment nous confier des enfants ??)

Bref remise en cause générale sans trop savoir pourquoi, sans pour autant être triste car en fait je suis très contente qu’on en soit là ! Je me sens un peu comme « administrativement enceinte » : le projet d’enfant est clairement défini, on a mis le train en marche, on attend les prochains rendez-vous pour faire le point sur notre projet, … Surtout que la durée de 9 mois pour obtenir un agrément, même si on sait bien que l’agrément ce n’est pas l’enfant (mais déjà une belle étape de franchie), c’est très symbolique !

Mais voilà, nous semblons faire face à une sorte d’incompréhension générale. Incompréhension polie, mais très perceptible. Je m’y attendais, je sais que cela sera toujours un peu comme ça. Je l’ai déjà noté ici même dans un post de 2010 (autant dire que j’appréhendais depuis longtemps), mais je le constate bel et bien. Une démarche d’adoption, loin de l’image de joie et de bonheur qu’évoque une grossesse, évoque plutôt un fil de pensées négatif : infertilité, malheur, dépression, difficulté, résignation … Et les gens s’imaginent d’une façon ou d’une autre que nous ne pouvons pas être en paix avec nous-même, que nous sommes quelque part malheureux PARCE QUE nous ne pouvons pas faire un enfant, et nous recevons plutôt des messages d’encouragements (voire de condoléances) que de félicitations lorsque nous annonçons que nous adoptons. OR non, nous sommes pourtant heureux et la démarche de l’adoption me plait, nous avons « toujours » (comprendre « depuis longtemps ») vécu dans cette idée et nous attendions impatiemment d’en arriver là donc OUI nous sommes VRAIMENT heureux, mais cela n’est pas forcément compatible avec l’idée que se font les gens de l’adoption.

Finalement, j’ai beaucoup de mal a en parler avec certaines personnes, notamment celles qui sont enceintes, ou qui l’ont été ou qui projettent de l’être (beaucoup de femmes finalement) car leurs réactions me ramènent à ce « complexe de la copine moche ». Celle dont la vie nous semble bien triste a coté de la nôtre (si triste qu’on se demande comment on ferait si on était à sa place) et finalement il est bon de parler avec elle car cela nous rappelle combien notre vie est finalement pas si mal. Me répondre : « si tu as besoin je suis là » quand j’annonce que je vais adopter, c’est comme dire à une femme enceinte « je suis vraiment VRAIMENT désolée pour toi… ». Il y a peut-être 2 ou 3 personnes qui nous ont souhaité « Félicitations ! » (ce qui se prête au contexte d’un projet d’enfant, finalement).

Et finalement, leur décrire la démarche quand ils nous posent la question, ne fait que ressortir d’avantage un certain dégoût qu’ils ont pour cette procédure. Le fait de faire une « lettre de motivation », de rencontrer des psychologues ou des assistantes sociales sont pour eux des choses qu’ils ne toléreraient pas dans leur projet d’enfants. Encore une fois, je passe pour la copine moche sur qui ils se reposent plus ou moins inconsciemment pour se dire : « au moins j’ai la chance de ne pas avoir à passer par là ».

J’en ris un peu avec eux, mais au fond cela me blesse. Déjà parce que personne n’aime être la copine moche, que je me suis suffisamment sentie complexée et inférieure aux autres femmes pendant très longtemps et que j’ai réussi à m’en sortir quand même, et puis parce que, pour moi, c’est « CA » notre projet d’enfant. Elles, elles voient des gynécologues, des sages-femmes, des médecins, des laboratoires d’analyses, elles utilisent des pilules pour augmenter leur fécondité, des tests de grossesses ; Moi je vois des assistantes sociales, des psychologues, des OAA, le Conseil Général, je remplis des dossiers et je fais une lettre de motivation… C’est CA notre projet. C’est comme ça ma vie.

Quand on me dit « C’est vraiment pas normal de vous demander de voir des psy, et de remplir une lettre de motivation », je ne peux m’empêcher de penser que certaines personnes feraient bien de demander un conseil psychologique ou même se poser la question de « pourquoi voulons-nous cet enfant » avant de tomber enceinte. Une amie m’a déjà dit que j’avais de la « chance, car si elle était stérile son homme la quitterais, parce que la famille c’est trop important à ses yeux ». Aujourd’hui ils sont mariés et ont un enfant, et je me demande encore comment peut-on se marier avec un homme dont on pense cela ?? Elle, elle me l’a dit, mais combien le pensent sans forcement (se) l’avouer ? Je suis heureuse de savoir que mon chéri m’aime pour autre chose que ma capacité à procréer et je pense que tout le monde devrais pouvoir se dire la même chose, mais je pense que dans mon entourage personne n’en est finalement sur à 100%. Et c’est sans doute un peu cela que se disent en silence toutes les « copines moches » de la terre.

Confession du vendredi 26 novembre 2010

Confession

Comment commencer pour faire un point sur ma vie, là tout de suite….

Bah je reste bien déprimée devant les pseudos facebook d’une vieille amie d’enfance avec son bidon tout rond… je vous raconte pas comme ca va être quand ca sera mes amies que je vois tous les jours.
Non mais bon, je dois avouer que les « C’est une fille »… « Sent bébé bouger »… « Va être MAMAN »… et tout ça, bah c’est un peu exposition de bonheur dans ma tronche et ca fait mal… mais bon, personne ne peut savoir et c’est mieux comme ça, je vais pas lui demander d’arrêter d’être heureuse pour moi !

Sinon moi, j’ai opté mentalement pour l’adoption.
Je pense que OUI la mère porteuse c’est quelque chose qui doit être légalisé, mais en fait je sais pas si je pourrais élever un enfant en me disant que quelqu’un l’a porté dans l’unique but de me laisser l’enfant, et là j’ai une grosse part de responsabilité là-dedans ! Responsabilité que je ne suis pas sure d’assumer s’il faut que je garde toujours en tête le désir de « faire comme-ci » c’était mon enfant, et l’obligation morale de reconnaissance envers celle qui, je le sais bien, aura porté l’enfant pour moi… (je sais que je dis tout cela au risque de décevoir toutes mes amies lancées aussi dans ce combat). Je ne cherche pas là à critiquer la GPA, mais il s’agit simplement de mon avis personnel sur la question.

Jusqu’alors je n’arrivais pas à me voir capable d’aimer un enfant qui n’est pas le mien comme mon propre bébé, à moi ! L’aimer d’accord, mais il y a « aimer », et « aimer comme une mère » et c’est bien cela que je n’arrivais pas à imaginer… depuis que j’ai 15 ans.
Mais voilà, à force de tourner et tourner la question dans ma tête, à force de dévorer des yeux le moindre bébé dans son berceau que je croise en rêvant intérieurement d’échanger ma vie avec celle de sa mère, et finalement de m’attacher à tous les bébés qui me sont mis dans les bras, j’en suis venu au point de me dire que OUI je pourrais vraiment l’aimer comme si c’était le mien.
Finalement, je pense que je serais vraiment vraiment vraiment heureuse quand je pourrais avoir un bébé qui a besoin d’une maman douce et gentille, tout comme moi (^^), et intérieurement j’ai vraiment vraiment hâte !!

Alors forcément, que faire du coté « tripote bidon » que je connaîtrais pas ? Parce que MERDE alors, toutes les futures mamans nous font du chichis par ci avec « je le sens bouger, venez me tripoter le ventre » et du blabla par là « priorité aux femmes enceintes »… il y a même leurs places de parking rien qu’à elles. Tout cela je le comprend très bien, mais bon, j’en reviens à dire que être enceinte c’est vraiment un petit moment de gloire rien que pour soi ! (que les hommes ne connaissent pas … sauf quand ils ont réussi à « pécho » la fille la plus canon de la soirée, ça doit être un sentiment similaire… ou pas…).
Enfin bref, moment de gloire qu’on envie un peu toutes en se disant, ça sera mon tour, donc finalement ça m’emmerde de me dire que ça sera pas mon tour… ouais je suis égoïste mais j’assume.

Il y avait aussi le coté du : « ahhh oui, il a tellement les yeux de sa mère » « oui et le sourire de son père »… tous ces ptits commérages qui font que je devrais bien annoncer à un moment ou à un autre que ce bébé n’a ni les yeux, ni l’intestin grêle de son père mais qu’il a les gènes de personnes qui nous sont inconnues…
et là… c’est le drame social où les gens n’osent plus rien dire de peur de faire une bourde, et où ils ont envie de te dire : « toutes mes condoléances » en s’imaginant que c’est une bien maigre consolation que d’avoir été obligée d’adopter un bébé parce que j’étais pas capable d’en faire un toute seule, alors que pour eux, être stérile ce serait « pire que la mort » (j’ai déjà entendu quelqu’un me dire ça, véridique).

Mais bon, tout ça j’y pense et j’y repense et je me dis qu’être enceinte est finalement quelque chose de plutôt superficiel… qu’on y accorde beaucoup de signification, mais que ça n’est vraiment pas l’essentiel. J’ai plutôt l’impression que le plus beau jour de ma vie sera quand, à l’image d’une femme qui voit son bébé pour la première fois dans une maternité, je pourrais moi aussi voir mon bébé pour la première fois, dans un orphelinat.


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