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L’attente, cette chance ?

Hello !

L’hiver est enfin passé. Ces derniers mois sont passés si vite que mon précédent post ne parait alors plus qu’un lointain mauvais souvenir où l’attente me semblait interminable, et notre projet d’adoption était enlisé dans les méandres invisibles de l’administration.

Alors qu’arrivent les vacances d’été, nos questions et nos doutes laissent place à la légèreté et les projets de sorties en amoureux. Même notre projet d’adoption a fait un nouveau (petit) pas avec la rencontre de Mme L. qui gère à présent notre dossier. Je reprend confiance et espoir et je m’arme d’une patience nouvelle qui tiendra encore longtemps. Dans le magazine « Accueil », qui est un petit trimestriel que nous recevons via l’EFA, qui porte sur différents sujets de l’adoption, un article traitait du sujet de l’Attente. Cela me fait penser à la notion d’élasticité du temps dont l’adoption nous fait encore plus prendre conscience. Vous aussi vous connaissez ce sentiment que le temps passe beaucoup plus vite lorsque vous êtes pressés, et très lentement lorsque vous vous ennuyez. L’attente d’un enfant dont on ne connait pas la date d’arrivée, ni en mois, ni en année, nous amène inlassablement à ce rapport au temps si particulier : beaucoup d’évenements nous rappelle à quel point l’attente est longue : un nouvel anniversaire, l’arrivée d’un bébé dans un foyer d’amis ou de proches, etc. C’est dans ces moments-là que la question revient « Et moi? Quand est-ce que mon tour viendra ? ». Si je devais résumer mon attente en un seul mot, je dirais instinctivement « LONGUE ». Pourtant, alors que nous n’avons qu’un an et demi d’agrément, il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes qu’au début de cette attente qui peut parfois durer 5, 10 ans chez certains couples, et 3 ans en moyenne. Nous connaissions ces informations et nous sommes donc bien obligés de constater qu’en fait, non, notre attente n’est pas particulièrement longue après tout. La question reste : « Que faire pendant cette attente ? Comment la mettre à profit pour notre projet » ? Depuis que nous avons obtenu l’agrément, nous avons continué de nous renseigner, d’imaginer la vie à trois, de faire des projets ça et là, ce qui fait du bien et du mal en même temps, car comme un gentil enfant qui fait bien ses devoirs, on a tendance à penser « et maintenant que j’ai bien travaillé, est-ce que j’ai droit à une récompense ». Mais bien sur, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

Paradoxalement, il y a certains moment où je me dis « Imagine, on t’appelle AUJOURD’HUI pour te dire que vous avez un enfant ». Et bien souvent c’est la panique car je me dit : TOUT mais pas tout de suite. Car nous avons prévu une sortie qui me tiens beaucoup à cœur, Parce que j’ai beaucoup de boulot au travail que je dois terminer. Parce que j’ai juste envie de passer des nuits blanches à regarder ma série préférée avec mon chéri. Parce que… parce que… Bien sur, si vraiment on nous appelait pour nous dire que nous aurions un enfant, la joie serait la plus forte BIEN SUR, et tout le reste nous paraîtrait secondaire. Mais au quotidien,ce sont tant de raisons pour lesquelles nous arrivons à supporter l’attente car nous sommes HEUREUX et que l’absence d’un enfant ne nous empêche pas du tout de vivre pleinement et d’avoir des projets.

Et finalement, je me demande si cette attente n’est pas aussi quelque part une certaine chance. Quand je regarde autours de moi le nombre de personnes qui se sont précipitées dans la parentalité, et qui aujourd’hui me disent « Profite surtout, profite! ». Même si à chaque fois cela me fait un peu grincer des dents quand on me dit ça, j’essaye quand même de relativiser et me dire qu’effectivement, quel mélange de bonheur et de chamboulement que l’arrivée d’un enfant, et je suis heureuse que notre situation fasse que ce chamboulement ne soit pas pris à la légère. L’attente a permis à notre couple de prendre le temps de se questionner sur les vrais projets à faire en amoureux et développer des passions communes. Combien de couples peuvent se vanter d’avoir vécu 11 années rien qu’en amoureux ? Combien aurait réussi à bâtir quelque chose sans combler le vide par un enfant ? Je suis très heureuse de pouvoir me dire que lorsque l’enfant arrivera, il viendra s’ajouter à la liste des choses que nous partageons et ne viendra pas se substituer à elles pour n’être plus finalement que le seul point commun avec mon mari.

C’est pour cette raison que je me demande finalement si cette LOOOONGUE attente, qui inspire à priori la pitié, ne serait-elle pas au final une vraie chance pour nous ?

 

“On voudrait avoir ce courage des oiseaux en hiver.”

Déjà 5 mois que je n’ai pas écrit ici. Je me réveille en Février après plusieurs mois sans grandes aventures, il faut le reconnaître, en ce qui concerne l’adoption.

A la date anniversaire de notre agrément, le 5 novembre pour nous, il y a une démarche administrative obligatoire qui consiste a confirmer notre souhait de maintenir notre agrément. Pour cela, il suffit d’envoyer une lettre à notre conseil général, qui nous répond avec un petit formulaire à remplir pour préciser si notre situation personnelle ou professionnelle à changé. Et bien sur, nous avons fixé un rendez-vous avec Mme G., notre assistante sociale. Lors de ce rendez-vous, elle nous a annoncé que le service adoption de notre conseil général des Yvelines allait fusionner avec celui du département des Hauts-de-Seine, et que par conséquent, il allait y avoir, début 2017, une grosse réorganisation du service, et que, peut-être elle ne serait plus notre référente, mais que nous aurions alors une nouvelle assistante sociale pour gérer notre dossier et le proposer au Conseil des Familles.

Cette nouvelle ne nous a pas particulièrement enchantés. Déjà parce que depuis 2 ans que nous la connaissons, nous nous sommes habitués (pour ne pas dire attachés) à la bienveillance de Mme G. quant à notre dossier, mais aussi parce que dans l’administration, CHANGEMENT, FUSION et RÉORGANISATION sont des mots qui laissent envisager qu’à un moment où un autre cela va être le bordel. A cela s’est ajouté une petite déprime due à l’anniversaire de notre agrément, car mine de rien, cela veut aussi dire que nous avons commencé notre démarche il y a 2 ans, et que, si la première année c’était « amusant », cette longue année d’attente n’a été ponctuée que de 2 petits entretiens avec Mme G. et le reste n’a été que 363 jours d’attente. Je ne peux pas dire que je me lève chaque matin avec l’espoir d’avoir un coup de fil. Non, loin de là. C’est plutôt l’inverse. Chaque jour, notre projet tombe un peu plus dans l’oubli. Au début, on espère, on s’accroche, et au fur et à mesure que passent les mois, on continue de vivre notre vie « normalement » : on va au travail, on fait les courses, on mange, on joue à des jeux vidéos, on dort. A coté de cela, on s’interdit beaucoup de projets : on va pas investir dans des vacances chères quand même : « et s’il arrivait, on ferait comment ? », je vais pas changer de travail maintenant : « et s’il arrivait, on ferait comment ? », la nouvelle cuisine/voiture/(ajoutez ce que vous souhaitez) ça va devoir attendre :  »et s’il arrivait, on ferait comment ? ». Bref, ce  »et s’il arrivait » qui nous enferme toujours un peu plus dans l’immobilisme de l’attente nous rappelle que le projet existe, mais du coup « il » n’arrive pas, et nous restons là à attendre on ne sait plus bien quoi, ni combien de temps.

Lors de notre entretien, cependant, Mme G. a quand même demandé avec un certain empressement que l’on fasse une réévaluation psy. et sociale (alors que ceux-ci sont proposés pour la 2eme année d’agrément souvent). Elle nous a rappelé combien elle nous trouvait « prêts » et du coup semblait vouloir nous proposer rapidement au Conseil des Familles. Nous nous sommes donc empressés de faire ces réactualisation avec une psychologue que V. n’a vraiment pas aimé (parce que l’entretien a duré 6h et que nous n’avions rien à nous dire, elle a passé 6h à nous raconter sa vie). Son rapport a été plus que positif donc c’est tout ce qui compte, mais pour autant, depuis Novembre rien ne s’était passé.

J’ai rappelé au début de Janvier 2017, un peu pour dire poliment « coucou nous sommes toujours là », et aussi pour savoir ce qu’il en était de cette fameuse « réorganisation ». Finalement j’ai eu Mme G. qui m’a annoncé que ce n’était plus elle qui avait la charge de notre dossier, comme elle l’avait prédit. Par conséquent, n’ayant pas les coordonnées de notre nouvelle interlocutrice, elle m’a laissé le numéro du nouveau Service Adoption pour que j’y enquête afin de connaître la personne qui allait être en charge de notre dossier.

J’ai passé l’après-midi a tenter d’obtenir le bon service, mais malheureusement on m’a juste dit que pour le moment personne n’avait été désigné pour s’occuper de notre dossier et que du coup, on me recontacterait. (coup de blues d’imaginer mon dossier qui dort dans un tiroir pendant que moi j’attend). Heureusement, nous recevons quelque jours plus tard un courrier nous confirmant que Mme G. ne s’occupe désormais plus de notre dossier, et nous indiquant les coordonnées de Mme L. notre nouvelle assistante sociale, ainsi que son après-midi de permanence téléphonique (le vendredi après-midi). J’attend donc le vendredi avec impatience pour la contacter. Mais, à nouveau un déception lorsqu’elle me répond que le « passage de mains » est encore en cours entre les deux départements et que le courrier que nous avons reçu est peut-être un peu hâtif car de son coté elle n’a eu aucune information comme quoi c’est bien elle qui s’occupe de notre dossier et que de toutes façons des réorganisations doivent encore avoir lieu dans son service. Par conséquent, elle attend encore une durée indéterminée que sa responsable lui confirme les dossiers qu’elle devra traiter, et que normalement, la personne qui sera désignée pour s’occuper de notre dossier nous contactera. OK donc on attend encore. Finalement, c’est la semaine dernière (soit un mois après cet échange) que Mme L. me laisse un message pour me confirmer que c’est bien elle qui s’occupera de son dossier.

Du coup, j’ai attendu de nouveau sa permanence téléphonique du vendredi après-midi pour la recontacter. J’avais hâte de pouvoir la rencontrer et que nous puissions nous présenter. L’idée que la personne en charge de notre dossier  ne nous aie jamais rencontré et n’aie jamais rien vu d’autre de nous que nos rapports (même s’ils sont très positifs) me dérange beaucoup. D’autant que cette personne continue de gérer des familles qu’elle a déjà rencontrées dans ses missions dans le 92, et sera donc naturellement, plus encline à proposer des familles avec lesquelles elle a échangé que des couples qui lui sont étrangers. Pourtant, elle nous a tout de suite arrêté et nous a précisé que dans le cadre de la nouvelle organisation, il ne serait plus prévu des temps de rencontres comme nous avions l’habitude de faire tous les 6 mois avec Mme G. Actuellement, la seule option serait qu’à nos deux ans d’agrément nous fassions une nouvelle demande de réactualisation psy et sociale et que ce serait à cette occasion que nous pourrions envisager d’élargir un peu notre agrément (en l’ouvrant sur d’autres pays, ou d’autres ethnies par exemple). Cependant, on parle là de quelque chose qui, déjà à l’heure actuelle n’est pas notre souhait. L’agrément que nous avons nous convient très bien, d’autant que nous l’avons réactualisé il y a 4 mois. Mais surtout, nous parlons là d’une réactualisation des 2 ans, ce qui nous laisse encore 8 mois à attendre avant de pouvoir rencontrer la personne en charge de notre dossier. Je me demande si entre temps nous avons une petite chance que notre dossier soit proposé à un Conseil des familles ou bien si nous sommes bel et bien, comme j’en ai l’impression, dans une « année de perdue » à cause de la réorganisation qui vient d’avoir lieu.

Face à tous ces chamboulements, je dois reconnaître que ce projet est assez lourd à porter cet hiver. Surtout que nous assistons toujours à des grossesses et des naissances partout autours de nous, ce qui ne facilite rien en ce qui me concerne. Certes, je ne suis plus submergée de désespoir dès qu’une proche m’annonce qu’elle est enceinte, je n’éprouve absolument aucun sentiment d’envie ou de jalousie (j’éprouve d’ailleurs de moins en moins de sentiments de manière générale, ce qui est autrement inquiétant), mais la question que je me pose aujourd’hui, et que l’on se pose tous les deux il me semble, ce n’est plus : « Dans combien de temps cela sera-t-il notre tour », mais plutôt « Combien de temps encore allons-nous supporter cette attente ? ». Je tente de me convaincre que tous les couples qui ont adoptés ont nécessairement vécu cela à un moment donné : l’attente prolongée, presque déséspérée, les remises en questions, les envies d’abandonner, et je pense que c’est une phase que je traverse (que nous traversons ?). Désormais je ne sais pas vraiment si j’ai envie que cette attente s’arrête parce que j’ai vraiment hâte d’être maman (ai-je vraiment VRAIMENT hâte ?), ou bien simplement parce que je ne supporte plus d’avoir l’impression de vivre à coté de ma vie pendant que j’attend que quelqu’un un jour sorte mon dossier d’un tiroir où il est rangé depuis DÉJÀ 2 ans ?

L’agrément, et après ?…

3 mois se sont écoulés depuis notre agrément.

Entre temps nous avons changé d’année (meilleurs vœux, tout ça tout ça). Qui dit nouvelle année, dit bilan (et pas que comptable), nouvelles résolutions, nouveaux projets… et hop on repart ! Pour nous cette année c’est d’autant plus vrai que, si 2015 avait été une année assez « simple » : la procédure d’agrément nous a accompagné et guidé tout au long de l’année, entre rendez-vous et réflexions sur notre projet, 2016 est un grand pas dans l’inconnu, avec notre agrément en poche comme seul guide. La question s’était déjà posé lors d’une réunion de l’EFA où un couple récemment agrémenté avait posé la question : « bon super on a l’agrément, mais WHAT NEXT ?? ».

De notre coté, dès le 1er Janvier nous avons envoyé un dossier à une dizaines de départements différents afin d’être également inscrit sur la liste des parents en attente d’une adoption. Les réponses ne sont généralement pas longues car sur les dix dossiers envoyés mi-Janvier, 7 nous ont déjà envoyé leur refus, 1 département a accepté notre demande, et 2 ne nous ont pas encore répondu. Au moins, nous aurons sauvé l’honneur avec un département, ce qui est déjà une victoire lorsque tout le monde nous disait que cela ne servait pas à grand-chose étant donné que tous les départements favorisent leurs propres ressortissants.

Malgré cela, nous ressentons bien cet état d’attente. L’adoption est un projet on ne sait pas quand cela arrivera. Du coup, on ne se projette pas vraiment, mais d’un autre coté, quand un projet est prévu sur l’an prochain, dans deux ans, inévitablement je me dis « tiens si ça se trouve on aura un enfant à ce moment-là »… Bref, une situation située entre le confort du rêve, et l’inconfort de l’incertitude. En attendant, on lit, on se tient informés des nouveautés intéressantes sur l’adoption. Valentin a également appelé notre département, en Janvier, histoire de leur dire où en sont nos démarches. Visiblement notre assistante sociale a été très gentille (plus que lors de ses enquêtes peut-être, à moins que ce ne soit parce que pendant les enquêtes elle nous faisait encore peur), et a rappelé que le délai ne serait vraisemblablement pas plus court de 2 ans. Elle lui aurait même dit que nous devions « rester soudés » parce que c’est un moment difficile pour beaucoup de couples (je peux le croire), et nous a prévu un rendez-vous aux alentours d’Avril.

Donc en attendant peu de choses à raconter malheureusement… on « profite » de notre vie de « jeune couple » comme disent les parents qui ne connaissent pas leur chance. Ce a quoi je répondrais bien que ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfant que c’est la Saint-Valentin tous les jours à la maison. S’il y a bien un moment que je ne regretterais pas dans ma vie c’est bien la période d’attente et de lassitude, même si tout se passe bien dans ma vie et de mon couple, mais après 10 années de vie de couple, on peut pas dire que les projets foisonnent dans tous les sens et qu’on fasse péter le champagne tous les soirs non plus… Déjà que j’ai lamentablement été oubliée pour la Saint-Valentin alors bon… (snif). Du coup en ce moment je suis un peu mauvaise après les personnes qui viennent d’accoucher et qui postent déjà des photos de ce type.

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J’ai envie de dire que pour moi, après tout ce temps en couple, c’est déjà comme ça mais sans le bébé…

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Bref, je ne voulais pas finir mon article avec l’air aussi lasse, mais bon, autant ne pas faire semblant que l’attente de l’adoption c’est tout rose ! Conclusions, les parents avec enfants dépriment, les parents sans enfants dépriment, je déprime, elle déprime, nous déprimons. Si toi aussi tu t’ennuies tape dans tes mains !

Tout n’est heureusement pas tout noir car nous remettons au goût du jour quelque projets personnels, idées de travaux, et autres projets professionnels à plus long termes que nous avions délaissé un peu l’an dernier à cause de l’agrément ! On en est pas encore au tour du monde, mais quand même !

Tic tac Tic tac

Merci à tous ceux qui pensent à nous, et qui nous demandent des news! Malheureusement nous n’avons encore aucune nouvelles, bien que nous regardions les yeux brillants notre boite à lettres chaque matin et chaque soirs !

Mais je viens d’appeler le conseil général qui m’a annoncé qu’en fait, il faut compter un délai de 2 à 3 semaines avant de recevoir l’avis de la commission.

Nous nous pensions naïvement qu’à peine émise, la décision nous était envoyée illico-presto en recommandé… En fait pas du tout, car il faut qu’elle émette un avis, qui sera lu, relu et re-relu, par les travailleurs sociaux, le président de la commission, pour faire une grande boucle autours de tous les gens concernés et enfin qu’elle puisse nous être envoyée par recommandé.

Donc résultat on attend. Mais vu nos rapports, cela devrait être favorable (et ça, la Madame du pôle adoption me l’a glissé du bout des lèvres parce qu’elle a pas le droit de m’informer par téléphone).

Allez, un peu de patience !

Dis, comment on fait les bébés ?

Voilà… voilà comment nous nous aurons fait notre bébé : une belle lettre de fin de projet, et une notice d’agrément, écrite avec beaucoup d’amour et d’espoir.

C’est beau.

Lettre fin de projet - notice

Visite au domicile

Hello !

Ca y est, nous avons terminé tous nos rendez-vous avec les travailleurs sociaux (4 en tout), vendredi dernier.

Ce dernier entretien de l’assistante sociale est un peu spécial puisqu’il se déroule à domicile. J’appréhendais forcement un petit peu plus, puisqu’à la dimension « entretien pré-agrément » où l’on aborde des questions pas simples de conception de parentalité adoptive, impacts de l’abandon, etc… s’ajoute une dimension beaucoup plus terre à terre, celle du cadre de vie… et du ménage…… Autant dire que nous avons programmé des weeks-end « ménage » plusieurs jours (même semaines) avant ce rendez-vous et que pendant une semaine la moindre chaussette trouvée par terre me donnait des sueurs froides… (peut-être que j’exagère un peu).

Non pas que notre appartement soit une véritable catastrophe : c’est un bel appartement, assez grand, avec 3 chambres possibles, deux actuellement, toutes les commodités à proximité (stade, école maternelle, primaire et collège en bas de l’appartement donc que demander de mieux pour une famille ?), le ménage est… disons qu’on a largement de quoi ranger [quand on en a envie...]. En plus deux chats supers sympas qui n’attendent qu’un enfant pour jouer avec eux ; mais bon voilà, on se remet toujours en question quand il s’agit de l’agrément : et si on était en maison avec un jardin ça serait 100 fois mieux, si on avait pas d’animaux ça éviterait des inquiétudes, et si les chats n’avaient pas griffé le papier peint de l’entrée, si on avait plus de pièces, plus de place, patati patata…

De plus c’est aussi LE rendez-vous qui correspond le plus au fantasme que nous nous créons de la demande d’agrément : une réelle investigation où tous vos proches, employeurs, banquiers, médecins sont consultés et où chaque placard est inspecté dans le moindre recoin pour en vérifier la bonne conformité avec l’accueil d’un enfant… Et gare à vous si la moquette est abîmée ! Finalement c’est loin d’être ce que nous avons vécu et cette « inspection » était en fait très brève : Nous avons commencé par un « entretien » normal pour parler des besoins et attentes d’un enfant adopté et comment nous envisagions notre parentalité adoptive (un peu redondant avec l’entretien précédent avec la psychologue), puis une visite rapide : voir quelles pièces nous avons, où sera sa chambre, où est la notre… En gros : cet enfant aura-t-il de la place quelque part ?

Et puis des petites questions sur la ville : où sont les commerces, les écoles, le stade (bon là il n’y a qu’à regarder le balcon, mais bon…), est-ce que le quartier est calme, est-ce qu’on s’entend avec nos voisins, y a-t-il une vie de quartier, des cinémas, etc…

Et puis voilà, c’est terminé… Elle nous décrit la prochaine étape : nous allons devoir écrire notre lettre de fin de projet avec notre notice, tandis qu’elle et la psychologue vont écrire leur rapport, puis en Septembre on lira les rapports et on pourra demander à passer en commission, à l’issue de laquelle sera accordé ou non notre agrément.

Finalement nous avons eu un peu le sentiment que cet entretien était fait à la va-vite. Elle nous a posé des questions et ne nous laissait pas y répondre mais répondait à notre place finalement. Notre rôle était plutôt de dire « oui » ou « non », alors que d’habitude on attend de nous des réponses construites, une réflexion… Là j’avais l’impression de simplement devoir confirmer tout ce qui s’était passé jusqu’à présent, et point.

 

Ce sentiment a été nettement confirmé le lendemain quand l’assistante sociale nous a appelés concernant la rédaction de son rapport. Elle voulait juste confirmer une « petite » chose… : oui mais en fait elle avait « écrit dans ses notes » que V. n’avait pas dit à sa famille que nous adoptions … Alors que c’était parfaitement faux puisque bien sur ils sont au courant et nous soutiennent bien… Donc je ne vois pas comment elle a pu comprendre l’inverse, mais bon cela nous a bien inquiété concernant le reste du rapport… Nous avons hâte de les découvrir en Septembre, en espérant qu’il n’y ait pas eu plus de « malentendus » parce que ces rapports sont très importants, déjà pour obtenir l’agrément, mais aussi pour pouvoir avoir un bon dossier et donc avoir plus de chances de se voir confier un enfant une fois que nous aurons l’agrément…

Le « rendez-vous psy »

Voilà un deuxième rendez-vous de passé depuis la semaine dernière : le fameux rendez-vous psy.

De mémoire, c’était, avant que nous nous lancions dans la procédure, celui qui me semblait le plus « choquant ». Autant l’assistante sociale pour juger un peu de nos conditions de vie, et s’assurer que l’enfant n’allait pas dormir dans la rue, ça me paraissait plus ou moins tolérable. Mais un psy qui allait tourner et retourner mon passé, mes émotions, mon caractère et passer mon subconscient au peigne fin, pour découvrir quoi ? Que je ne suis pas une psychopathe sévère ? Que je ne vais pas passer mes journées à dire à un enfant qui n’aura rien demandé qu’il n’est qu’un vulgaire enfant adopté et que je ne l’aime pas comme s’il était le mien, à moi ?

Bref, heureusement, rien de tout cela ne s’est produit (encore heureux). La psychologue n’était pas une grincheuse à lunette, mais une jeune fille amicale (qu’on aurait pu prendre pour une étudiante vu son jeune âge). Au final nous avons tous les deux eu l’impression que c’était plutôt un rendez-vous copier-coller du premier rendez-vous avec l’assistante sociale : même question sur notre enfance respectives, les valeurs de notre éducation, qui est notre papa, qui est notre maman… Notre rencontre, et pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à penser à l’adoption. Bref, finalement on a eu l’impression de se répeter par rapport au premier rendez-vous.

J’imagine que chacun des intervenants prendre d’avantage son rôle (le matériel pour l’assistante sociale, et le mental pour la psy) aux seconds rendez-vous, car le prochain rendez-vous avec la psy, le 15 juin, sera plus axé sur notre définition de la parentalité adoptive, et les besoins spécifique d’un enfant adopté. Et le rendez-vous avec l’assistante sociale (il faut que je l’appelle pour prendre le rendez-vous durant l’été) aura lieu chez nous, et nous devrons nous mettre un peu en situation en répondant à des questions bien précises sur « et que ferons-nous si l’enfant nous dit « ci », et si l’enfant fait « ça », et s’il arrive tel événement… ». Bref, la nous serons un peu plus poussés à anticiper notre futur rôle de parents !

D’un autre coté, je trouve que le temps passe très vite car dans normalement 2 rendez-vous nous pourrons commencer à écrire notre lettre de confirmation pour l’agrément… Et après, si notre agrément est accepté, nous en auront fini avec cette étape, ce qui est un soulagement d’un coté, mais aussi une vraie inquiétude de savoir ce qui va se passer ENSUITE. L’attente… les appels pour savoir si on est placé ou pas dans la liste des dossiers admis au conseils d’apparentement… et pour combien de temps ? 1 an ? 2 ans ? 3 ans ? 5 ans ? Je commence à avoir peur de cette longue attente, alors que là les choses bougent, l’agrément se prépare, nous avons des tas de rencontres et de rendez-vous chaque mois…

Hier nous avions aussi un rendez-vous avec l’EFA des Yvelines ou pendant 3 heures on nous a re-présenté les diverses étapes de l’adoption… Cela ne nous a pas forcément appris grand chose, mais cela a en plus eu pour effet de me faire réaliser que la période effervescente de l’agrément allait prendre fin pour laisser place à la longue traversée en pleine mer de la recherche d’enfant… où nous n’aurons rien en vue pendant longtemps jusqu’à ce que, PEUT-ÊTRE un dossier surgisse à l’horizon pour nous…

Bref, en ce milieu de période d’agrément, un léger stress commence à se faire sentir, alors que jusque là nous nous laissions guider et nous suivions la route bien tracée de l’agrément. J’ai confiance en nous et en notre projet, mais je redoute la longue attente que tous les professionnels qui nous entourent et toutes les statistiques nous laissent présager.

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Café Adoption

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Samedi dernier, nous avons participé à un petit événement organisé par l’EFA des Yvelines : Le 1er Café Adoption. Le principe est simple : un chapiteau de cirque, une cafetière, des gâteaux, des adoptants, des adoptés, des parents en attente d’agrément, ou agrémentés en attente d’enfant… et cela donne un rendez-vous très sympa avec des rencontres, des échanges d’expérience, des questions, des réponses.

Je dois dire que ce café adoption tombait vraiment à pic parce que depuis notre dernier rendez-vous avec l’Assistante Sociale, beaucoup de questions nous trottaient dans la tête (sans qu’on puisse vraiment définir quoi d’ailleurs), et rencontrer d’autres couples qui ont déjà franchi tout ça, qui ont adoptés, ou bien qui en sont au même point que nous, cela fait du bien car on comprend que l’on est pas les seuls à se poser des questions déstabilisantes, et on prend également conscience du « ET APRES …? ». Comme cette jeune femme qui devait recevoir son recommandé le jour même pour lui annoncer si oui ou non elle avait son agrément, mais qui au vu des rapports des travailleurs sociaux était plutôt confiante, mais qui me disait : « Ok mais et maintenant on a l’agrément, mais on fait quoi ? On appelle qui ? Quelle sont les prochaines étapes ? ». C’est une vraie question, et on a tellement la tête dans le guidon entre tous les entretiens que l’agrément c’est tout ce que l’on voit, alors qu’en fait ca n’est pas du tout une fin en soi, juste le début du vrai parcours et de la vraie attente. Malgré cela, on est tous les deux très excités et ce rendez-vous nous a beaucoup remonté le moral (nous a reboosté en quelque sorte). Cela nous a également permis de définir un peu plus notre notice d’agrément, notamment en terme d’âge et d’éthnie.

Concernant nos limites pour les pathologies, nous avons rendez-vous demain à l’hôpital Necker pour rencontrer un docteur qui nous aidera à en savoir plus sur toutes ces pathologies pour pouvoir faire un choix vraiment éclairé.

Nous nous sommes également inscrit pour une autre réunion organisée le 19 Mai (une semaine après notre rendez-vous avec la psychologue –> bonne précaution au cas où ce rendez-vous nous retourne le cerveau et qu’on ait encore besoin d’être réconfortés). En attendant, nous sommes encore en vacances jusqu’à lundi donc on se ressource, on dort tout le temps, on profite de ce magnifique soleil !


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