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Dis, comment on fait les bébés ?

Voilà… voilà comment nous nous aurons fait notre bébé : une belle lettre de fin de projet, et une notice d’agrément, écrite avec beaucoup d’amour et d’espoir.

C’est beau.

Lettre fin de projet - notice

Coup de Cœur !

Un petit coup de cœur pour ce reportage photo, sublime de la rencontre entre les parents adoptifs et leur bébé tant attendu !

Tendresse

 

Crédit Photo : « Tendresse » by Kristen Anne

Visite au domicile

Hello !

Ca y est, nous avons terminé tous nos rendez-vous avec les travailleurs sociaux (4 en tout), vendredi dernier.

Ce dernier entretien de l’assistante sociale est un peu spécial puisqu’il se déroule à domicile. J’appréhendais forcement un petit peu plus, puisqu’à la dimension « entretien pré-agrément » où l’on aborde des questions pas simples de conception de parentalité adoptive, impacts de l’abandon, etc… s’ajoute une dimension beaucoup plus terre à terre, celle du cadre de vie… et du ménage…… Autant dire que nous avons programmé des weeks-end « ménage » plusieurs jours (même semaines) avant ce rendez-vous et que pendant une semaine la moindre chaussette trouvée par terre me donnait des sueurs froides… (peut-être que j’exagère un peu).

Non pas que notre appartement soit une véritable catastrophe : c’est un bel appartement, assez grand, avec 3 chambres possibles, deux actuellement, toutes les commodités à proximité (stade, école maternelle, primaire et collège en bas de l’appartement donc que demander de mieux pour une famille ?), le ménage est… disons qu’on a largement de quoi ranger [quand on en a envie...]. En plus deux chats supers sympas qui n’attendent qu’un enfant pour jouer avec eux ; mais bon voilà, on se remet toujours en question quand il s’agit de l’agrément : et si on était en maison avec un jardin ça serait 100 fois mieux, si on avait pas d’animaux ça éviterait des inquiétudes, et si les chats n’avaient pas griffé le papier peint de l’entrée, si on avait plus de pièces, plus de place, patati patata…

De plus c’est aussi LE rendez-vous qui correspond le plus au fantasme que nous nous créons de la demande d’agrément : une réelle investigation où tous vos proches, employeurs, banquiers, médecins sont consultés et où chaque placard est inspecté dans le moindre recoin pour en vérifier la bonne conformité avec l’accueil d’un enfant… Et gare à vous si la moquette est abîmée ! Finalement c’est loin d’être ce que nous avons vécu et cette « inspection » était en fait très brève : Nous avons commencé par un « entretien » normal pour parler des besoins et attentes d’un enfant adopté et comment nous envisagions notre parentalité adoptive (un peu redondant avec l’entretien précédent avec la psychologue), puis une visite rapide : voir quelles pièces nous avons, où sera sa chambre, où est la notre… En gros : cet enfant aura-t-il de la place quelque part ?

Et puis des petites questions sur la ville : où sont les commerces, les écoles, le stade (bon là il n’y a qu’à regarder le balcon, mais bon…), est-ce que le quartier est calme, est-ce qu’on s’entend avec nos voisins, y a-t-il une vie de quartier, des cinémas, etc…

Et puis voilà, c’est terminé… Elle nous décrit la prochaine étape : nous allons devoir écrire notre lettre de fin de projet avec notre notice, tandis qu’elle et la psychologue vont écrire leur rapport, puis en Septembre on lira les rapports et on pourra demander à passer en commission, à l’issue de laquelle sera accordé ou non notre agrément.

Finalement nous avons eu un peu le sentiment que cet entretien était fait à la va-vite. Elle nous a posé des questions et ne nous laissait pas y répondre mais répondait à notre place finalement. Notre rôle était plutôt de dire « oui » ou « non », alors que d’habitude on attend de nous des réponses construites, une réflexion… Là j’avais l’impression de simplement devoir confirmer tout ce qui s’était passé jusqu’à présent, et point.

 

Ce sentiment a été nettement confirmé le lendemain quand l’assistante sociale nous a appelés concernant la rédaction de son rapport. Elle voulait juste confirmer une « petite » chose… : oui mais en fait elle avait « écrit dans ses notes » que V. n’avait pas dit à sa famille que nous adoptions … Alors que c’était parfaitement faux puisque bien sur ils sont au courant et nous soutiennent bien… Donc je ne vois pas comment elle a pu comprendre l’inverse, mais bon cela nous a bien inquiété concernant le reste du rapport… Nous avons hâte de les découvrir en Septembre, en espérant qu’il n’y ait pas eu plus de « malentendus » parce que ces rapports sont très importants, déjà pour obtenir l’agrément, mais aussi pour pouvoir avoir un bon dossier et donc avoir plus de chances de se voir confier un enfant une fois que nous aurons l’agrément…

Etape 3 sur 4 !

Le temps file a une telle vitesse que je n’ai pas pu me connecter plus tôt pour vous raconter tout ce que nous avons fait durant ce mois de juin, coté adoption !

Le 15 Juin, nous avons réussi à trouver une place pour le dernier rendez-vous avec la psy!  Donc vite vite, nous n’avions que 2 semaines pour nous « préparer » ! C’est-à-dire principalement de revenir un peu sur tout ce que nous avions abordé la première fois, parler des sujets dont nous avions parlé et nous interroger sur les thèmes qu’elle nous avait demandé de méditer :

- Les causes et conséquences d’un abandon ?

- Qu’est-ce que la parentalité adoptive ?

- La recherche des origines : pourquoi, comment… ?

Pour cela nous avions discuté de plusieurs films et reportages pendant la première séances et nous avons entrepris de tous les regarder. Bien sur cela n’a pas été toujours facile car les sujets étaient assez sensibles, notamment pour moi la recherche des origines qui restait une sorte de mystère et dont j’avais un peu « peur »…

Ces reportages ont vraiment répondu à mes questions et donc je vous les conseille aussi car cela pourrait vraiment vous aider à répondre à de nombreuses questions :

Il s’agit dans un premier temps d’un reportage sur la conséquences d’un abandon, et l’intérêt de l’enfant (un peu dur à voir et à entendre pour certains qui seraient en grande souffrance de parentalité, mais c’est nécessaire de voir cela afin de bien comprendre ce qu’est vraiment l’adoption…) et il est également question de la recherche des origines : le titre est Blessures secrètes.

Le second reportage est plus positif, même comique parfois, mais toujours aussi lourd de sens sur la recherche des origines principalement. Il s’appelle Couleur de Peau Miel (une grande partie est en animation ce qui le rend plus agréable à voir).

A cela s’est ajouté la lecture d’un magazine de l’EFA : « La parentalité adoptive » et nous étions finalement paré à affronter le second entretien (même si cela s’est déroulé sans stress bien sur).

Le rendez-vous à duré 4 bonnes heures. 4 heures où nous avons repris toutes nos motivations pour l’adoption, mais aussi, comment nous allions en parler à l’enfant, comment nous l’accompagnerions dans la recherche des origines, et finalement nous avons confirmé quel était notre projet. Finalement la psy nous a annoncé que nous avions bien travaillé et que sauf si nous le désirions, elle n’avait pas besoin de nous revoir avant le passage en commission de notre dossier. Donc nous étions soulagé et contents de voir que finalement tout avance bien et surtout très vite car il ne reste donc plus que 1 rendez-vous avec l’assistante sociale, qui se passera chez nous, la semaine prochaine !

Ce qui rajoute une double difficulté car en plus de devoir nous préparer sur les sujets que nous allons aborder, nous allons aussi ET SURTOUT devoir entièrement préparer notre appartement ce qui n’est pas une mince affaire !!

Le « rendez-vous psy »

Voilà un deuxième rendez-vous de passé depuis la semaine dernière : le fameux rendez-vous psy.

De mémoire, c’était, avant que nous nous lancions dans la procédure, celui qui me semblait le plus « choquant ». Autant l’assistante sociale pour juger un peu de nos conditions de vie, et s’assurer que l’enfant n’allait pas dormir dans la rue, ça me paraissait plus ou moins tolérable. Mais un psy qui allait tourner et retourner mon passé, mes émotions, mon caractère et passer mon subconscient au peigne fin, pour découvrir quoi ? Que je ne suis pas une psychopathe sévère ? Que je ne vais pas passer mes journées à dire à un enfant qui n’aura rien demandé qu’il n’est qu’un vulgaire enfant adopté et que je ne l’aime pas comme s’il était le mien, à moi ?

Bref, heureusement, rien de tout cela ne s’est produit (encore heureux). La psychologue n’était pas une grincheuse à lunette, mais une jeune fille amicale (qu’on aurait pu prendre pour une étudiante vu son jeune âge). Au final nous avons tous les deux eu l’impression que c’était plutôt un rendez-vous copier-coller du premier rendez-vous avec l’assistante sociale : même question sur notre enfance respectives, les valeurs de notre éducation, qui est notre papa, qui est notre maman… Notre rencontre, et pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à penser à l’adoption. Bref, finalement on a eu l’impression de se répeter par rapport au premier rendez-vous.

J’imagine que chacun des intervenants prendre d’avantage son rôle (le matériel pour l’assistante sociale, et le mental pour la psy) aux seconds rendez-vous, car le prochain rendez-vous avec la psy, le 15 juin, sera plus axé sur notre définition de la parentalité adoptive, et les besoins spécifique d’un enfant adopté. Et le rendez-vous avec l’assistante sociale (il faut que je l’appelle pour prendre le rendez-vous durant l’été) aura lieu chez nous, et nous devrons nous mettre un peu en situation en répondant à des questions bien précises sur « et que ferons-nous si l’enfant nous dit « ci », et si l’enfant fait « ça », et s’il arrive tel événement… ». Bref, la nous serons un peu plus poussés à anticiper notre futur rôle de parents !

D’un autre coté, je trouve que le temps passe très vite car dans normalement 2 rendez-vous nous pourrons commencer à écrire notre lettre de confirmation pour l’agrément… Et après, si notre agrément est accepté, nous en auront fini avec cette étape, ce qui est un soulagement d’un coté, mais aussi une vraie inquiétude de savoir ce qui va se passer ENSUITE. L’attente… les appels pour savoir si on est placé ou pas dans la liste des dossiers admis au conseils d’apparentement… et pour combien de temps ? 1 an ? 2 ans ? 3 ans ? 5 ans ? Je commence à avoir peur de cette longue attente, alors que là les choses bougent, l’agrément se prépare, nous avons des tas de rencontres et de rendez-vous chaque mois…

Hier nous avions aussi un rendez-vous avec l’EFA des Yvelines ou pendant 3 heures on nous a re-présenté les diverses étapes de l’adoption… Cela ne nous a pas forcément appris grand chose, mais cela a en plus eu pour effet de me faire réaliser que la période effervescente de l’agrément allait prendre fin pour laisser place à la longue traversée en pleine mer de la recherche d’enfant… où nous n’aurons rien en vue pendant longtemps jusqu’à ce que, PEUT-ÊTRE un dossier surgisse à l’horizon pour nous…

Bref, en ce milieu de période d’agrément, un léger stress commence à se faire sentir, alors que jusque là nous nous laissions guider et nous suivions la route bien tracée de l’agrément. J’ai confiance en nous et en notre projet, mais je redoute la longue attente que tous les professionnels qui nous entourent et toutes les statistiques nous laissent présager.

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Café Adoption

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Samedi dernier, nous avons participé à un petit événement organisé par l’EFA des Yvelines : Le 1er Café Adoption. Le principe est simple : un chapiteau de cirque, une cafetière, des gâteaux, des adoptants, des adoptés, des parents en attente d’agrément, ou agrémentés en attente d’enfant… et cela donne un rendez-vous très sympa avec des rencontres, des échanges d’expérience, des questions, des réponses.

Je dois dire que ce café adoption tombait vraiment à pic parce que depuis notre dernier rendez-vous avec l’Assistante Sociale, beaucoup de questions nous trottaient dans la tête (sans qu’on puisse vraiment définir quoi d’ailleurs), et rencontrer d’autres couples qui ont déjà franchi tout ça, qui ont adoptés, ou bien qui en sont au même point que nous, cela fait du bien car on comprend que l’on est pas les seuls à se poser des questions déstabilisantes, et on prend également conscience du « ET APRES …? ». Comme cette jeune femme qui devait recevoir son recommandé le jour même pour lui annoncer si oui ou non elle avait son agrément, mais qui au vu des rapports des travailleurs sociaux était plutôt confiante, mais qui me disait : « Ok mais et maintenant on a l’agrément, mais on fait quoi ? On appelle qui ? Quelle sont les prochaines étapes ? ». C’est une vraie question, et on a tellement la tête dans le guidon entre tous les entretiens que l’agrément c’est tout ce que l’on voit, alors qu’en fait ca n’est pas du tout une fin en soi, juste le début du vrai parcours et de la vraie attente. Malgré cela, on est tous les deux très excités et ce rendez-vous nous a beaucoup remonté le moral (nous a reboosté en quelque sorte). Cela nous a également permis de définir un peu plus notre notice d’agrément, notamment en terme d’âge et d’éthnie.

Concernant nos limites pour les pathologies, nous avons rendez-vous demain à l’hôpital Necker pour rencontrer un docteur qui nous aidera à en savoir plus sur toutes ces pathologies pour pouvoir faire un choix vraiment éclairé.

Nous nous sommes également inscrit pour une autre réunion organisée le 19 Mai (une semaine après notre rendez-vous avec la psychologue –> bonne précaution au cas où ce rendez-vous nous retourne le cerveau et qu’on ait encore besoin d’être réconfortés). En attendant, nous sommes encore en vacances jusqu’à lundi donc on se ressource, on dort tout le temps, on profite de ce magnifique soleil !

L’adoption, ou apprendre la tolérance…

Hello !

Joyeuses pâques à toi !! J’espère que les cloches t’ont apporté des tas de petits œufs délicieux !! Nous nous avons eu la chance d’en avoir pas mal… qui ont finalement fondu sur la table de la cuisine en une matinée :( … mais qui restent excellents (même si mon petit lapin ne ressemble plus à rien).

Samedi soir était une soirée plutôt spéciale car c’était l’anniversaire de ma petite sœurette chérie et nous nous sommes retrouvés en famille au restaurant. Ce fût donc bien sur l’occasion d’échanger sur le rendez-vous de mercredi, qui n’avait toujours pas fini de me travailler (drôle d’ambiance pour un anniversaire, mais bon tout le monde se sent bien sur concerné par notre démarche, et cela attire aussi beaucoup de curiosité car, finalement, qui sait réellement comment se passe une adoption, tant qu’on y est pas encore passé ?).

Beaucoup de sujets ont été mis sur la table à cette occasion, notamment celui qui nous fait beaucoup réfléchir : les choix des critères pour l’agrément (nombre d’enfants, âges, origines, pathologies et particularités…). Je suis toujours un peu choquée de comprendre que le niveau de tolérance d’à peu près tous mes proches est proche de 0. Le choix de l’âge, du nombre, et éventuellement des origines ne semble en rien les choquer mais quand il s’agit d’aborder le sujet des pathologies, leur réaction immédiate est de dire de ne même pas y jeter un coup d’œil et de se concentrer uniquement sur des enfants en parfait état de santé. Le sujet est vraiment très personnel et je peux comprendre cette réaction, surtout quand aujourd’hui la société impose la maternité comme un événement sacré et toujours représenté comme quelque chose de parfait (voyons nous autre chose qu’un beau bébé blanc étincelant aux grands yeux bleus et pétillants de santé sur les couvertures de magazines ou les publicités). Pour tout le monde l’enfant doit incarner la perfection et c’est un réel déshonneur que de donner naissance à un enfant qui ne colle pas parfaitement à cette représentation. Cela fait vraiment beaucoup réfléchir au sens que nous donnons à l’acte d’être parent et je suis très étonnée de la réaction de mes proches qui ont pourtant vécu près de moi, qui suis atteinte de plusieurs pathologies, je pensais être un bon exemple que l’on peut avoir des problèmes de santé génétiques sans que cela ne soit trop dérangeant pour la vie de famille.

Le rapport également à la productivité attendue de l’être humain. Ma grand-mère elle-même m’a tout de même laissé entendre qu’une personne avec une pathologie lourde et handicapante dans la vie de tout les jours n’a malheureusement pas vraiment sa place dans la société, et de me citer qu’elle n’aurait pas supporté que ses enfants ait un handicapé mais surtout que si elle même en vieillissant perdait ses facultés (notamment la vue par exemple), elle préférerait partir parce qu’elle « ne servirait plus à rien » (autant dire que je vais surveiller de près ses résultats de santé !). Outre l’idée que si l’on m’a éduqué avec ces idées, il n’est pas étonnant que je me soies plus que haïs pendant une dizaine d’années à cause de mes maladies, cette idée qu’un enfant handicapé (ou une personne handicapée) ne sert à rien m’a fait beaucoup réfléchir :

A quoi sert une personne ? (autrement dit : Quelle pression va-t-on mettre sur les épaules d’un enfant pour qu’il grandisse « normalement » ?)

Beaucoup d’autres petites phrases et expression lourdes de sens ont été citées et me font beaucoup réfléchir. Je n’ai pas encore un avis tranché sur la question, et je ne connais pas mes limites en terme de « tolérance » du handicap d’un enfant que j’adopterais, notamment aujourd’hui pour notre première adoption, mais je suis sure de ne pas partager les convictions de mes proches à ce sujet. Qu’aurait-il advenu de moi si j’étais née autiste, ou si je ne pouvais pas marcher, ou si j’étais sourde, etc… Aurais-je été stimulée autant que je l’ai été par ma famille qui me verrait comme « l’enfant de leur malheur ». Est-ce que ma grand-mère m’aurait pris pour les vacances avec mes cousins et ma sœur ? Est-ce qu’on aurait pris autant de temps pour bien m’élever qu’on ne l’a fait dans ma jeunesse ? Je ne suis pas étonnée de voir qu’autant de petits enfants handicapés restent si dépendants si depuis le début ils sont considérés comme une « cause perdue », alors que certains handicapés parviennent à s’intégrer, à travailler ou à vivre seuls en autonomie (et y mettent un point d’honneur). Est-ce que ceux-là sont juste « plus chanceux » où les y a-t-on aidé en les traitant comme le reste de leur fratrie ?

C’est vrai qu’il n’y a que dans l’adoption que l’on aborde ce type de sujet et que l’on peut s’y préparer (qui serait assez déplacé pour dire à une femme enceinte : et si il est handicapé tu l’aimeras quand même ?) mais est-ce que justement ce ne serait pas une bonne question à se poser pour tout parent ? Parce que même s’il n’est pas souhaitable et que tous rêvent d’un enfant parfait, le risque existe et à ce moment, soit l’on se considère comme les plus malheureux du monde, soit l’on accepte et on vit (on peut même aimer) sa vie de parent, différente de celle que l’on avait imaginée, mais je pense tout aussi riche de découvertes et d’ouvertures.

Tout cela pour dire que la tolérance est un vaste sujet qui nous fait beaucoup réfléchir en ce moment. Nous avons rendez-vous dans une semaine à l’hôpital Necker pour discuter des différentes pathologies existantes en adoption et fixer nos limites, pour notre première adoption, déjà, puis pour les éventuelles adoptions suivantes, où il sera sans doute nécessaire d’être plus ouverts et plus tolérants.

A ce titre j’ai lu plusieurs beaux livres sur des sujets divers et variés et que je ne peux que conseiller pour s’ouvrir à la tolérance vis-à-vis de ses enfants, et auquels je pense beaucoup en ce moment.

- Ce n’est pas toi que j’attendais, de Fabien Toulmé, que nous avons lu en couple avec beaucoup d’émotion !

- Je suis né un jour bleu, de Daniel Tammet

Et des tas d’autres que je n’ai plus en tête déjà… Mais je le conseille à tous ceux qui suivent notre démarche et qui se questionnent un peu sur la différence (en plus d’être des livres passionnant et bien écrits).

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Assistante Sociale : le premier rendez-vous

Salut !

Ça y est, nous revenons tout juste de notre premier entretien pour notre démarche d’adoption : le rendez-vous avec l’Assistante Sociale qui avait lieu ce matin au Conseil Général.

Cela a commencé avec du retard car nous nous sommes trompés d’adresse… heureusement nous n’avions que 5 minutes de retard, nous étions parti en avance de la maison, mais bon, on espérait faire meilleure impression déjà… Heureusement, contrairement (encore) à ce que j’avais lu sur les forums où l’on tombe sur des retours d’expérience très négatifs, où l’assistante sociale est très critique, sévère etc…, nous nous sommes retrouvés face à une dame très douce et qui semblait compréhensive, même si elle ne nous disait pas forcement ce que nous désirions entendre.

Nous avons commencé l’entretien avec notre arbre généalogique. Mon chéri avait délibérément indiqué uniquement son frère, sans s’aventurer dans la famille recomposée avec ses demi-frères et sœurs, et ne pas avoir à justifier les histoires de famille qui ne regardent personne… Et forcément je suis tombée en plein dedans en sortant un magnifique « tu n’as pas mentionné tes demi-frères et sœur ? ». Et il semble qu’il avait vu juste car, même si elle nous a dit que c’était très fréquent les familles recomposées, cette histoire de demi-frère et demi-sœur à occupé plus d’une dizaine de minutes de questions et investigation : « pourquoi le père de mon homme s’est séparé ? », « pourquoi on en a pas plus parlé que ça ? », « pourquoi ci, pourquoi ça ». Résultat, l’absence d’informations concernant le précédent mariage de son père lui pose réellement problème (d’après moi cela ne nous regarde pas plus que cela, c’est pourquoi on a jamais vraiment cherché d’informations), donc là dessus, un mauvais point pour moi, j’aurais mieux fait de me taire.

Mis à part cela, nous avons chacun notre tour parlé de notre enfance, des valeurs qui nous ont été inculquées, ce que l’on a retenu de notre éducation finalement en positif et en négatif, et notre vision de l’éducation de nos enfants : notamment ce que l’on reproduirait de notre éducation et ce que nous souhaiterions ne pas reproduire. La dessus, elle n’a fait aucun commentaire, j’imagine que nous avons les mêmes visions de l’éducation et des valeurs qui sont importantes à nos yeux.

Nous avons pu finalement aboutir sur le sujet de notre rencontre, la raison de notre adoption et également de nos choix concernant notre projet : combien d’enfants ? quelles origines ? quel âge ? quel état de santé général ?

C’est un sujet complexe, surtout que nous avons pertinemment qu’il y a ce que l’on peut souhaiter (un enfant ou une fratrie, si possible pupille de l’état, jeunes – c’est à dire entre 0 et 2 ans, et en bonne santé) et ce qui est cohérent avec une démarche qui a des chances d’aboutir.

Étrangement, elle n’avait pas l’air particulièrement emballée avec notre idée d’adopter une fratrie, en nous disant que ce n’était pas le plus logique pour nous qui sommes jeunes et qui avons le temps de faire des démarches d’agrément une fois que nous aurons déjà eu une première adoption. Pour ma part je m’étais vraiment faite à l’idée d’adopter une fratrie, mais j’avoue que j’y ai pensé PARCE QUE j’avais cru comprendre que beaucoup de fratries sont a adopter et ne peuvent pas être divisées, et donc forcément il y a moins de parents prêts à les adopter qu’un enfant tout seul. L’assistante sociale ne nous a pas du tout approuvé sur ce terrain là et nous a dit que généralement, notamment en France il n’y a pas de fratries adoptable, et surtout qu’à l’étranger c’est surtout le fait que ces enfants soient déjà grand et/ou en mauvaise santé qui rend plus difficile leur adoption. De plus dire : un ou deux enfants est assez négatif dans le dossier. Je pense qu’il y a là un choix que nous allons devoir faire et sur lequel nous allons devoir discuter.

De plus, concernant les origines, c’est également difficile d’en discuter car c’est là que nous devons parler d’un sujet qui nous met assez mal à l’aise, notamment, disons le clairement la couleur de peau. Donc on est rapidement obligé de répondre à la question : Voulez-vous un enfant noir ?

Pour ma part je trouve difficile de répondre à cette question car c’est pour moi le premier geste d’un choix d’enfant sur catalogue. Bien sur, nous savons que l’enfant ne nous ressemblera pas, bien sur nous ne sommes pas racistes, bien sur que dès que je verrais mon enfant, quel que soit son physique je l’aimerais tout de suite comme mon propre enfant. Mais je n’assume pas de devoir répondre par oui ou par non à cette question, c’est notre hésitation qui a un peu chamboulé l’assistante sociale. Et je peux le comprendre, mais bon nous allons devoir discuter clairement de ce que nous faisons, où pas.

Et puis ensuite est venu le temps de discuter des problèmes de santé. Là aussi le sujet est vaste et non moins gênant car c’est un peu culpabilisant de dire que nous souhaitons un enfant, mais non aux trisomiques, non aux poly-handicapés, non aux enfants atteints du sida… Donc nous avons répondu un peu à coté de cette question car devant le vaste choix de maladies que nous pouvons souhaiter ou non, elle nous a orienté vers deux médecins spécialistes des maladies pour l’adoption et nous ne sommes pas surs que nous souhaitions vraiment aller les rencontrer car cela revient vraiment à CHOISIR un enfant pour son état de santé. Je dois avouer que ce n’est pas comme cela que je vois ma vie de parent, du moins pas dans l’immédiat. Cela demande un peu de réflexion également. Je ne sais pas si nous allons voir l’un de ces médecins pour échanger sur tous ces sujets où si nous allons nous contenter de dire « un enfant en bonne santé point barre »…

Forcément, cela n’a pas répondu à sa question de ce que nous souhaitons et nous avons finalement convenu qu’il nous faudrait un petit peu plus de temps pour réfléchir à ces questions. Elle a résumé cette situation en nous disant : « Je vois bien que vous êtes extrêmement motivés et que vous avez un désir d’enfant très fort, mais pour moi votre projet n’est pas encore assez abouti et il faut que vous y réfléchissiez très sérieusement avant notre prochain rendez-vous ». Il faut reconnaître qu’elle n’a pas tort, donc nous allons attendre les autres rendez-vous et nous rappellerons l’assistante sociale quand nous aurons bien mûri notre réflexion.

Pour ma part j’aimerais bien échanger avec d’autres couples qui ont été confrontés à ces mêmes difficultés à définir précisément ce qu’ils souhaitaient. Je vais peut-être contacter l’association de l’EFA pour avoir quelques échanges. Justement le 11 Avril, il y a un « Café Adoption » rassemblant des couples dans notre cas où ayant été dans notre cas, dans les Yvelines et nous allons y aller pour pouvoir échanger la dessus. J’ai déjà hâte d’y être !

Finalement le bilan de ce rendez-vous est plutôt positif, cela nous a beaucoup motivés, et nous a ouvert les yeux sur certaines choses que nous avions un peu occultées (ou que l’on se disait « on y pensera plus tard »), mais on réalise que nous sommes vraiment au coeur du projet, et si nous voulons que cela aboutisse on va vraiment devoir y mettre du notre. Maintenant, rendez-vous le 11 mai avec le psychologue, pour un autre rendez-vous pour lequel nous ne savons toujours pas à quelle sauce nous allons être mangés cette fois.

26 ans

J’ai 26 ans !

C’est arrivé comme ça, hier, le 23 Mars. Je me suis réveillée et j’avais 26 ans !

J’ai très bien senti la différence : je toussais, j’avais de la fièvre et des vertiges, un terrible mal de gorge et aussi mon oeil gauche qui ne réussissait plus à s’ouvrir. Finalement il s’est ouvert mais il voyait flou et il était tout rouge. Je crois que je n’avais plus du tout envie de vieillir plus.

Mais finalement, ce n’était pas ça du tout. Juste une rhino-pharyngite doublée d’une conjonctivite le jour de mon anniversaire. bah dis-donc au moins je suis bien gatée !

Prise de température et de tension, bains, médicament sur médicament, ouvrez la bouche et dites « Ahhhh », que d’attentions et de soins rien que pour moi… Même la pharmacienne a pu me souhaiter bon anniversaire en m’apportant mes médicaments grâce aux infos de la carte vitale (j’ai trouvé dommage de ne pas avoir à souffler les bougies sur mes comprimés de doliprane, mais bon…) .

Finalement on avait gardé le meilleur pour la fin, car mon chéri m’a traînée au resto ou m’attendait toute la famille (il avait du se donner un mal fou à organiser ça, j’imagine qu’il a du baliser un peu en voyant sa soirée compromise par ma fièvres et mes rhumatismes). Heureusement j’ai quand même pu souffler mes bougies (en mettant des microbes sur le brownie, parfait parfait…) et on a passé une belle soirée qui m’a fait oublier ma fièvre pendant quelque heures !

 

Bon enfin on n’est pas tellement là pour raconter sa vie. Tout ce qui t’intéresse c’est de savoir comment on s’y prend pour adopter un bambin. Alors voilà, tu sais sans doute déjà plein de choses : il va falloir que tu te décides à aller voir ton conseil général, que l’on t’assigne à résidence jusqu’à ce que tu aies obtenu ton agrément, que l’on te fasse remplir un dossier administratif et aussi il va falloir rencontrer un médecin dépressif qui n’arriveras pas à te convaincre que tu es responsable d’un terrible trafic d’enfants au sud du brésil, et qui, si tu ne t’effondres pas en pleurant devant lui, ou si tu ne te mets pas en colère, signera un papier attestant que tu es parfaitement apte physiquement et psychologiquement à adopter un enfant, sans même qu’il ait besoin de prendre ta tension ou de palper ton ventre. Tu sais aussi que cela te coûtera peut-être cher. Mais ce que tu ne sais pas c’est que tes conversations privées seront toutes enregistrées.

Ah bon tu ne le savais pas ?

Alors comment expliques-tu qu’un jour nous décidions avec mon chéri de poser quelques jours en Avril et en Mai pour profiter d’un long week-end, et que, comme par hasard, le lendemain, les deux rendez-vous avec l’assistante sociale et le psychologue que l’on te propose tombent pile en plein milieu des deux week-ends que tu t’es prévus à 1 mois d’intervalle ?!

Bref, le coté + c’est que nous avons déjà deux rendez-vous sur les 4 ou 5 (ou 6 si on est vraiment des cas qui demandent réflexion, je pense) qui nous séparent de la Commission d’agrément. C’est déjà beaucoup, cela va vite et ça me plait.

 

Le coté – c’est qu’encore une fois, nos vacances passent à l’as… Mais bon c’est un mal pour un bien et déjà le rendez-vous avec l’assistante sociale sera la semaine prochaine. J’ai hâte de voir comment cela va se passer !

Ce n’est pas toi que j’attendais

Récemment, un ami qui se lance en tant qu’écrivain nous a demandé de « raconter » un peu notre histoire, notre passé pour l’inspirer dans ses romans et cela a un peu réveillé la psy qui se cache en moi… Je tourne et je tourne ma petite histoire dans ma tête et je rassemble des morceaux de puzzle avec mes réflexions qui expliquent plus ou moins les problèmes que j’ai laissé derrière moi, et puis oublié, et qui finalement sont encore là caché quelque part.

C’est comme ça que je me suis réveillé en pleurs cette nuit, comme frappée par l’évidence même de mon existence. Je pense que le film que nous avons vu la veille ne m’a pas aidé, où un personnage disait : « nous avons tous une faiblesse ». Je crois que j’ai trouvé ce qui m’a rendu faible ces dernières années et c’est si simple, si évident, que c’est compliqué de le distinguer de toute la mélasse qu’à engendré en moi cette histoire de stérilité (sans parler de la définition même du syndrome qui a rajouté en quelque sorte de l’huile sur le feu). Tout cela nourrit par la BD (très belle d’ailleurs) « Ce n’est pas toi que j’attendais » de Fabien Toulmé.

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Déjà dès le départ, ce titre m’avait interpellé, pourtant je ne suis pas trisomique, car il sonnait comme une claque qu’un parent peut mettre à son enfant. Mais il a fallu que je le lise entièrement, et que la mayonnaise prenne pour qu’en fait je comprenne que c’est une claque que je m’étais déjà infligée toute seule depuis très longtemps. Et de lire, en vrai, la réaction de parents face à leur enfant, si différent, alors qu’il DEVAIT être absolument parfait, puisqu’il était attendu, désiré, et qu’en plus il est leur enfant… Pourquoi fallait-il qu’il naisse si différent, quand tous les autres petits-enfants sont si parfaits ?

Je n’ai pas réalisé tout de suite quand des parents de jeunes filles comme moi me demandaient conseils, je les rassurais seulement sur le fait qu’elle n’allait pas devenir un alien difforme. J’allais juste trop mal pour pouvoir me mettre à la place de parents car d’après moi, ceux qui souffrent ce sont les intéressés et basta. Mais dans cette histoire chacun se sent coupable (faute de ne pouvoir mettre la faute sur quelqu’un d’autre), les parents de voir leur enfant, qui au fond n’a rien demandé et qui subi, les enfants de ne pas être à la hauteur de ce que leur parent attendait, d’être si loin de l’enfant parfait dont eux rêvaient quand il était encore dans leur ventre…

Pour ma part, cela ne s’est pas vu tout de suite à ma naissance, ce qui est pire finalement, car j’ai joué la comédie de l’enfant parfaite jusqu’à ce qu’on découvre que… Je n’ai jamais su placer ces mots sur ce qui « clochait » jusqu’à présent (parce que je n’avais pas lu ce livre, que je n’avais jamais vu de jeunes couples devenir parents et toute la perfection qu’incarnait leur enfant à leurs yeux, parce que je pensais simplement que ce qui « clochait » c’était que je ne pouvais pas avoir d’enfant…). J’ai compris ce qui m’a bloqué pendant tout ce temps (depuis que je l’ai appris ? avant ? après ? impossible de m’en rendre compte). N’être tout simplement pas tout à fait à la hauteur de l’enfant parfait dont mes parents avaient le droit de rêver. avoir causé du soucis, de la peur, de la culpabilité à mes parents à cause de ce syndrome… Ce syndrome qui ne se voit pas, mais j’ai agis comme si tout le monde savait d’avance que j’étais différente et que je n’étais pas à la hauteur.

Comprendre ça s’est fait en silence, cela n’a rien changé et pourtant j’ai l’impression de légèreté d’avoir posé ce lourd sac de culpabilité que je traînais sur mon dos depuis longtemps…

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