Archives pour juin 2016

Premier RDV post-agrément, et réflexion sur la question des origines

Hello !!

C’est en cette semaine de joyeux déluge que nous avons revu Mme G., notre assistante sociale du Conseil général, chez nous, pour un premier entretien « post-agrément ».

Encore une fois, comme c’est presque chaque fois le cas avec ce genre de rendez-vous, nous ne savions pas du tout à quelle sauce nous allions être mangés : à peine 6 mois après notre agrément, qu’allions-nous avoir d’intéressant à dire ou à entendre concernant notre projet ? Quelles « modifications » étions-nous sensés demander concernant notre notice d’agrément. Nous n’en avions bien sur aucune, et nos démarches, durant Janvier, ne se sont soldées que par 2 nouvelles inscriptions sur des listes de 2 départements différents du notre… Et cela nous lui avions déjà dit par téléphone…

Bref, quoi qu’il en soit, nous attendions avec impatience ce rendez-vous qui serait un nouveau temps-fort de notre démarche (vu que nous sommes actuellement en « attente », ce genre de petits événements sont toujours les bienvenus pour rythmer un peu cette attente), mais aussi avec un peu d’appréhension de peur de n’avoir rien à dire et de passer donc pour un couple un peu passif et nonchalant vis-à-vis de notre projet.

Bien au contraire, le rendez-vous a été fort instructif, nous nous sommes quittés au bout d’une heure et nous aurions pu continuer à parler de notre projet pendant plusieurs heures encore. Nous avons fait un rapide tour d’horizon de là où nous en étions, et elle n’a pas été surprise de la faible avancée de notre projet si récent.

Après nous avoir dit de ne pas nous décourager car nous avions un bon dossier et que si nous n’avons toujours pas été appelé c’est aussi parce qu’ils sont bien obligés de tenir « un peu » compte du temps d’attente des dossiers avant nous, et cela se comprend aisément ; il y a aussi d’autres personnes qui attendent depuis plus de deux ou trois ans et qui méritent aussi d’avoir leur chance à leur tour. Pour autant j’aimerais bien que notre dossier ne prenne pas autant de temps, car cela est long d’attendre :(

Elle nous a ensuite mis des étoiles dans les yeux en nous racontant l’adoption d’un bébé pupille de l’état. Comment nous serions appelé. Ce que nous ferions les premiers jours avec le bébé dans sa famille d’accueil ou à la pouponnière. Au bout de combien de temps le bébé viendrait à la maison, etc etc… (autant dire que nous buvions ses paroles avec des images féeriques dans la tête). Mais elle nous a aussi parlé des risques potentiels à l’adoption, aux exigences particulières de ces enfants adoptés, tout au long de leur enfance et de leur vie, elle nous a parlé de l’impact de la « blessure primitive » que représente l’abandon… Et nous a orienté vers quelque lectures qui pourraient nous intéresser et répondre à nos questions concernant les besoins spécifiques des enfants adoptés, même si ce sont AUSSI des enfants comme tous les autres, et qu’ils n’auront pas besoin d’une éducation particulière sur de nombreux sujets ; pour autant, et ce surtout pendant les périodes de questionnement de l’enfant, il y a des attitudes, des mots, des gestes qui passent généralement inaperçue dans l’éducation d’un enfant dit « biologique » mais qui pourraient blesser un enfant adopté, lui rappeler qu’il a été abandonné un jour, et dégrader le lien qui l’unit à ses parents adoptifs.

J’ai donc immédiatement acheté les livres qu’elle nous a cités (plus quelque autres aussi). A ce jour j’ai commencé un livre vraiment TRÈS intéressant  : DESTINS DE L’ADOPTION, qui nous parle des causes des échecs d’adoption, lorsque le lien entre parents adoptifs et enfants adoptés est brisé. A cette heure je n’en suis qu’au chapitre 2. Et pourtant, ce livre a déjà remis en cause de nombreuses idées reçues que j’avais moi-même sur l’adoption (malgré le stade relativement avancé de notre réflexion sur le sujet).

J’ai notamment été très étonnée de son avis concernant la loi sur le droit d’accès aux origines, car actuellement, une loi prévoit que tous les enfants adoptés (ou non) ont le droit, dès leur majorité de connaitre leurs origines (si celles-ci ont été fournies par le géniteur) et qui autorise donc cet enfant à effectuer toutes les recherches, puis à prendre contact avec son « parent » retrouvé. Jusqu’à présent il nous avait été présenté, et nous trouvions d’ailleurs, normal que tout soit mis en oeuvre pour permettre à l’enfant adopté de retrouver sa mère biologique, comme il en fait régulièrement la demande au cours de son enfance. Mais le pedo-psychiatre auteur de ce livre nous indique, à juste titre, que la demande de retrouver sa mère biologique, exprimée par un enfant n’est en fait qu’un substitut, un retranchement, dans lequel il se réfugie lorsqu’il sent qu’il s’éloigne de sa famille adoptive, où lorsqu’il interroge la légitimité de sa famille d’adoption. En effet, dans notre société, il est fréquent, voir quotidien, d’entendre des allusions à la primauté du lien du sang, sur le lien psychique, qui unit un parent à son enfant, et surtout, une mère à son enfant. Dans notre société qui fait de la maternité un idéal de vie, une réalisation sacrée de la maternité biblique, et qui établit un lien indélébile entre une « mère biologique » et l’enfant qu’elle a porté, un enfant adopté ne peut que se demander quelle légitimité peut avoir une mère adoptive. Par conséquent, dès qu’il va être confronté à ce genre d’image, et s’il n’obtient pas de réponse satisfaisante auprès de ses parents biologique à ses questions (formulées, ou non), il va se sentir obligé de penser que quelque part, il a une « vraie » mère, sa mère biologique, auprès de laquelle un tel lien pourra vraiment exister. D’après ce livre, c’est en réponse à ce fantasme que l’enfant va avoir une volonté (et/ou obsession) de retrouver ses origines. Du coup, l’état lui-même, en favorisant ce droit depuis seulement 2002, au détriment de la liberté individuelle et la protection de l’anonymat, encourage juste ce schéma de pensée que RIEN ne remplace une « vraie » maman, alors que l’enfant qui formule une telle demande de retourner dans son pays d’origine, n’attend généralement rien d’autre qu’une confirmation que ses parents adoptifs sont bel et bien ses VRAIS parents, puisqu’eux aussi l’ont désiré, puis attendu, se sont battus pour l’avoir, et l’aiment aussi inconditionnellement qu’une mère biologique qui choisit d’élever ses enfants. Accéder directement à sa requête de recherche des origines, c’est simplement confirmer ses craintes, c’est ne plus se reconnaître complètement comme le vrai parent, c’est lui dire : « c’est vrai, il y a quelqu’un ailleurs qui t’apportera ce lien que je peux pas t’apporter ».

De mon point de vue, il n’est pas nécessairement exclu de se rendre au pays d’origine de l’enfant, mais c’est la première fois que je réfléchis à ce que cache réellement la demande d’un enfant à retrouver ses origines. J’interroge du coup d’autant plus tous les reportages que j’ai pu voir qui parlaient du besoin impérieux de certains enfants (ou adultes) de retrouver leur origines, de se confronter à leur mère biologique… Il y a certainement 2 poids 2 mesures dans ce genre de sujets ; certains ont sans doute complètement intégré leur adoption et ont juste une curiosité naturelle qui les pousse à poser des questions, et trouver des réponses, mais dans certains autres cas, cette obsession de retrouver leurs origines, sans quoi ils ne se sentent pas capables de vivre pleinement ne provient-elle pas d’un manque de légitimité de leur parents adoptifs dans l’esprit de ces adultes adoptés ? Des réponses qu’ils se sont posés enfants (encore une fois sans forcément les formuler) et auxquelles les parents adoptifs n’ont pas su répondre avec les bons mots, les bons gestes ; ceux qui rassurent et qui ne laisse aucun doute possible sur leur propre assurance d’être les VRAIS PARENTS.

Je n’en suis qu’au deuxième chapitre et j’ai déjà tant de matière sur laquelle réfléchir, que j’ai hâte de lire la suite.

Je ne peux donc que vous conseiller de le lire au plus vite si vous aussi vous vous interrogez sur l’adoption !

Bisous !


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